En 2020, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) de Corse se sont associées pour lancer un appel à projets régional alimentation-santé.

La Coopération Agricole Corse y a répondu et son projet « ALIMENTATION, CLE DU BIEN-ETRE POUR TOUS » a été retenu.

L’alimentation à la fois source de plaisir et facteur de santé, contribue à la préservation d’un bon état de santé. À l’inverse, une nutrition inadaptée est un facteur de risque des principales maladies chroniques : obésité, maladies cardiovasculaires, diabète… dénutrition. En parallèle des enjeux nutritionnels, la promotion d’une alimentation de qualité, ancrée dans les territoires et en lien avec une agriculture résiliente tournée vers la transition agroécologique est une priorité. Il s’agit tout à la fois de répondre aux attentes de nos concitoyens et d’œuvrer pour une juste rémunération des agriculteurs, en renforçant à cet égard les liens entre producteurs et consommateurs, entre urbains et ruraux. Ainsi chacun doit avoir accès à une alimentation sûre, diversifiée, en quantité suffisante, de bonne qualité gustative et nutritionnelle, produite dans le cadre d’une agriculture durable. Mais il faut aussi promouvoir un environnement qui facilite les choix alimentaires favorables pour la santé et la pratique au quotidien de l’activité physique et limitant les comportements sédentaires.

En France, 9,3 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit 14,7% de la population française (INSEE, 2019). 31,3% des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté ainsi que 7,6% des retraités (INSEE, 2019). Un enfant de moins de 18 ans sur cinq vit au sein d’une famille pauvre et 33,6 % des personnes vivant dans une famille monoparentale sont pauvres, soit une proportion 2,4 fois plus élevée que dans l’ensemble de la population (INSEE, 2019)

En Corse, 20 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Ce taux place la Corse parmi les 3 régions françaises les plus pauvres. Par ailleurs, depuis 2011 la situation économique insulaire, à l’instar du niveau national, s’est dégradée : le taux de chômage est passé de 8,9% en 2011 à 10,6% fin 2014, dépassant le taux national (10%). Sur la même période le nombre d’allocataires RSA a augmenté de 10%.

Faire ses courses, ouvrir son frigidaire, préparer le repas, nombreux sont les actes liés à l’alimentation accomplis tous les jours. Ils sont des actes du quotidien qui construisent notre bien-être et participent activement à créer ce lien social à l’être humain.

Ne pouvoir accéder quotidiennement en quantité suffisante à une nourriture saine et équilibrée, c’est s’exclure et rompre le lien social, c’est ouvrir la porte aux problèmes fondamentaux de santé et de bien-être. A court terme, c’est d’abord le sentiment de faim et d’épuisement auxquelles s’ajoutent les maladies physiques et psychologiques. A moyen terme, l’insécurité alimentaire engendre des carences et des maladies. Enfin, une alimentation insuffisante favorise l’isolement lié à la honte de ne pouvoir se nourrir seul, et trace la voie de l’exclusion.

Le contexte doit nous inciter à nous pencher sur la situation des publics précaires. Les former et les informer sur les conséquences de leurs comportements alimentaires est primordial. Les accompagner dans un changement de leurs pratiques doit contribuer à les maintenir en bonne santé et à les sortir de l’exclusion.

S’alimenter ne se résume pas à un besoin primaire, ce sont de multiples plaisirs : cuisiner, se régaler, se réunir, partager qui confèrent à l’alimentation une place particulière dans la vie des individus.

Bien manger, c’est adopter une alimentation variée et équilibrée : Cet équilibre alimentaire ne se construit pas autour d’un seul repas ou même d’une journée mais sur le long terme, tous les jours.

Les fondements de la Coopération Agricole nous ont implicitement amené à porter nos actions en faveur des publics en situation de précarité :

 Les sensibiliser sur le fait que manger sainement et de façon équilibrée concourent à leur bonne santé et à leur insertion sociale.

  • « Couper court » aux idées reçues que bien manger coûte cher,
  • Définir les pistes et les outils qui permettront d’aboutir aux finalités attendues ci-dessus.

 tels sont les enjeux que la Coopération Agricole Corse a souhaité relever.

Ainsi,

  • En collaboration avec une diététicienne, sera rédigé un livret de recettes équilibrées à base de produits locaux et de saison, et d’astuces permettant d’accommoder les restes. Ce livret édité en 1000 exemplaires sera mis à disposition d’associations caritatives de Corse, une version numérique de ce livret sera également disponible. L’un des enjeux est de lutter pour la justice sociale alimentaire.
  • Des ateliers, en Haute-Corse et en Corse du Sud, seront organisés avec pour objectifs de présenter le livret aux bénéficiaires, de recueillir et d’analyser le regard des publics précaires sur l’alimentation et leurs difficultés face au droit fondamental à une alimentation équilibrée. La finalité de ces ateliers est de faire évoluer les comportements alimentaires des publics précaires.
  • Enfin, nous prendrons l’attache des points de collecte (GMS) afin de les sensibiliser à ces changements et de soutenir notre action par une information aux consommateurs sur les produits alimentaires à privilégier lors de leurs dons.

Chaque action fera l’objet d’une promotion sur les sites web de LCA Corse et de Manghjemu Corsu (marque créée par la Coopération Agricole Corse), ainsi que sur la page Facebook et dans le Magazine Manghjemu Corsu.

 Un projet dédié à la solidarité, car la Coopération Agricole est Solidaire avant tout d’une alimentation durable et de territoires vivants, Solidaire dans le vivre ensemble, Solidaire par les revenus décents, Solidaire dans la préservation de notre patrimoine agricole, alimentaire et de nos biens commun

« C’est par le réel que l’on vit, c’est par l’idéal que l’on existe » Victor Hugo

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